Bon, je dis ça pour la poignée de lecteurs hebdomadaires qui côtoient le site : les commentaires ne fonctionnent plus. J’ai trifouillé dans 2-3 lignes de codes et voilà ce que ça a donné
Le problème risque de durer un peu plus longtemps que prévu mais je continuerai de poster toutes les choses qui me passent par la tête sur cette page.
Le manque d’adjectifs qualifiant cet état pourrait à lui seul témoigner de ce sentiment. Ou plutôt de ce non-sentiment qui arrive sans prévenir, à la manière d’un trou intersidéral frappant soudainement de toute la force de son inconsistance.
Evidemment je bouge encore et quand l’envie m’en prends, j’écris. Les quelques synapses de mon cerveau qui me permettent d’envisager des phrases, de les transformer en une sorte d’impulsion électrique pour les retranscrire en mouvements de poignets, fonctionnent encore à merveille. C’est ce qu’elles transportent qui n’a pas de raison d’être.
Aujourd’hui, j’ai encore vu cette cannette rouge pâle. Elle gisait sur le bord de la route, toute ébranlée qu’elle était de se trouver à cet endroit précis dans le temps. Elle n’a rien à faire là cette cannette. Et pourtant elle se retrouve par terre, dans un environnement incongru, modifiée par l’ambition égoïste d’une créature portant pourtant un nom noble.
Je ne veux pas être cette cannette vide. Je serais celui qui la ramasse et qui s’accroche à ce sentiment étrange qu’est l’espoir.
Du moins, j’essaierai de m’en donner les moyens.
I’m so tired, of playing
Playing with this bow and arrow
Gonna give my heart away
Leave it to the other girls to play
For I’ve been a temptress too long
Une salle vide, un bruit métalique et une sensation de vie éclairant toute la pièce. Sur une masse sombre et difforme dans un coin de la salle, on lisait, scintillant d’une lumière faible et artificielle :
#Insérez 1 **#
On pouvait distinguer à travers la carcasse rouillée l’itinéraire d’une trainée dorée, similaire à une pièce de monnaie sur réacteurs, traçant son chemin vers le coeur de la masse métallique.
Une machine à la forme humaine dérangeante s’illumina alors dans une pétarade de son incongrus et de leds fluorescents. Puis une voix digitale dénuée du moindre sentiment résonna d’un écho machiavélique dans la salle vide et pestilentielle.
“C’est l’histoire d’un homme un peu maladroit et surtout désorienté pour ce qui est de comprendre fluctuations de ses sentiments. Mu par un esprit carthésien, il redoute le doute.
C’est l’histoire d’une fuite un peu maladroite mais compréhensible prenant des allures de course effrénée. Ses quelques attaches ne formant qu’un bordel incompréhensible.
C’est l’histoire d’une nostalgie irréprescible formée de remords, d’adieu et de peur.
C’est l’histoire d’une flamme insidieuse le consumant à petit feu alors qu’il a déjà épuisé tous les extincteurs à sa disposition.
C’est l’histoire d’une histoire où tout peut encore arriver.”
Les deux trous béants servant d’yeux à la machine s’éteignirent petit à petit, les reflets articificiels dans la pièce faiblirent pour ne devenir qu’un mirage éphémère et la salle sombra de nouveau dans un silence mortel.
Vous allez lire une nouvelle qui se veut porte-parole de ces petites ornières coincées entre deux pavés regorgeant de souvenirs impalpables.
J’ai longtemps hésité avant de le mettre en ligne, j’espère que tu m’en veux pas trop.
Les Hurlements du Passé
Prologue :
La ville représente pour la plupart des gens leur point de repère, le lieu de leur premiers amours ou encore leur maison. Cependant, ce qu’elle offre à priori de bon coeur, elle peut le reprendre au centuple. A tel point parfois que la ville peut absorber goulûment et sans permission des souvenirs et des émotions qui ressortiront par tous les moyen mis à sa dispositions : une simple fenêtre brisée grâce à laquelle on peut pénétrer la vie intime d’un individu, le défaut d’un pavé qui aura peut-être causé plus de chutes qu’une calvitie foudroyante, un poste diffusant perpétuellement ses débris télévisuels ou encore des graffitis singuliers dont seuls les instigateurs en connaissent la signification profonde.
Le devenir des protagonistes importe finalement peu. Ils illustrent chacun à leur manière ce qui ne peut être illustré, comme une espèce de conscience collective vaporeuse, de secret impalpable et quelque fois destructeur. Gardés égoïstement par la ville, ces secrets ne peuvent être percés à moins d’avoir la chance d’être un ami intime de la ville. Ce qui compte, c’est de monter dès les prémices de la rencontre avec la ville, une barrière invisible entre elle et nous pour éviter l’irréparable.
Tels deux remparts, deux “ll” différencient ces deux mots à l’écrit. Il devrait en être de même à l’oral.
Les Hurlements du Passé
215 Highland Street, de nos jours.
- “Une excellente journée donc pour le chef d’Etat russe, Roskov, en visite amicale au Pentagone dans l’optique de signer enfin le traité de paix qui l’unirait avec son homologue britanique pour l’anniversaire de leur collaboration à Washington…”
Des lumières, encore des lumières. Et toujours cette ville qui m’appelle.
Des flashs aveuglants s’impriment sur ma rétine encore inhabituée. Je ressens comme une attraction. Je la ressens à la manière d’un fil invisible qui viendrait se nicher insidieusement au plus profond de mes entrailles et dont la taille ne cesserait d’augmenter à mesure que se rapproche le coeur de la ville, le berceau de l’agitation, le monde. Hum. Plutôt qu’un fil, la comparaison avec un cancer serait plus appropriée. Corrompant l’intérieur et se propageant comme un virus que l’on aurait choppé au détour d’une ruelle, ne laissant, une fois son oeuvre achevée, qu’un trou béant en plein milieu engendrant une addiction impalpable.
C’est ainsi que, perdu au milieu de cette masse vertigineuse d’esprits, je baigne à mon tour le mien dans cette sorte d’effervescence continue composées de souvenirs parfois arrachés à leur propriétaires, de pensées flottant tout près et d’histoires représentant un peu toutes à leur manière autant de vérités individuelles.
Mouvement continu. Tout bouge. Même ce flot chamarré de lumières immobiles de la rue qui se reflète sur les vitres comme dans mes yeux à la manière d’une locomotive improbable emportant tout sur son passage. Mais ces aimants de lumières, ces sirènes bigarrées sont dangereuses. Elle ont un prix à payer. Et ce prix est inestimable pour l’ignorant, croyez-moi.
Des rambardes hideuses sur le bord de la route, des sources de lumière de plus en plus rares et la sensation d’avoir laissé une partie de moi derrière. Sauvé pour cette fois. Alors que mes yeux commencent à peine à percer les ténèbres d’une petite route de campagne, l’attraction insatiable qui s’est emparé de tout mon être s’est-en allée aussi rapidement qu’elle m’a frappé. Sans ressentir complètement indemne de cette rencontre, je me sens comme soulagé. .
Tel un cancer, ces visions, cette ambiance, ces sensations referont surface un jour ou l’autre, en ayant pris soin de me ronger de l’intérieur au préabable.
J’en suis presque sûr.